David, moniteur d’atelier ESAT « J’ai retrouvé un métier de passion »

« J’ai perdu un métier de passion pour en retrouver un autre »


Racontez-nous votre parcours professionnel ?


J’étais élagueur paysagiste depuis 6 ans avant mon accident. C’était pour moi un vrai métier de passion. Je travaillais au grand air, au contact de la nature et au cœur des espaces verts. En 2003, j’ai malheureusement fait une mauvaise chute et me suis retrouvé contraint de tout stopper à cause de ma santé. Seul face à mes douleurs, j’ai alors entamé une longue rééducation. Comme je n’acceptais pas l’idée de ne plus exercer ce métier, j’ai finalement tenté de reprendre mon poste en mi-temps thérapeutique. Malgré tout, mon corps avait gardé de lourdes séquelles de la chute et après une année et de nombreux arrêts, j’ai été déclaré inapte à mon poste.


Comment avez-vous vécu la situation ?


Ce n’est pas facile d’abandonner un métier de passion et de prendre conscience que l’on va devoir tout reconstruire. « L’après » fais peur, on se retrouve face à l’incertitude. J’ai donc très mal vécu ma sortie de l’entreprise. Je me suis d’abord inscrit comme demandeur d’emploi et mon conseiller m’a tout de suite mis en relation avec le Cap emploi afin de réfléchir à une reconversion et travailler un nouveau projet professionnel. J’ai alors choisi de m’orienter vers le métier d’agent logistique de quai malgré mes restrictions de santé. J’ai commencé en tant que magasinier cariste et j’ai évolué vers un poste de responsable de quai. Une aventure qui a duré 4 ans mais j’ai finalement été rattrapé par les contraintes physiques du poste.


A ce moment-là, je n’avais toujours pas fait le deuil de mon ancien métier. J’ai donc tenté à nouveau d’exercer comme paysagiste grâce aux chèques emplois services. Nouvelle déception ! Les douleurs ont pris le dessus et j’ai dû me résoudre à renoncer définitivement à ce métier.


A quel moment avez-vous envisagé votre reconversion ?


Je suis quelqu’un d’actif, dynamique et il était essentiel pour moi de me sentir utile. Le Cap emploi m’a alors inscrit à une formation proposée par un partenaire. L’objectif : envisager cette fois-ci un nouveau départ et une reconversion en adéquation avec mes capacités physiques.

J’ai effectué plusieurs tests et à chaque fois les résultats me ramenaient vers la formation et les métiers du social. Je me suis donc lancé et j’ai décidé de me positionner sur un poste de moniteur d’atelier en ESAT (Etablissements ou Services d’Aide par le Travail). Le directeur m’a d’abord proposé une période d’immersion pendant un mois (PMSMP), puis plusieurs remplacements pendant 2 ans. L’ESAT est un environnement dans lequel je me suis tout de suite senti à l’aise. J’ai donc décidé de finaliser mon projet en 2019 en passant le titre de moniteur d’atelier.


Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?


Aujourd’hui, je me sens complétement épanoui dans ce métier qui a du sens pour moi. Chaque jour, je prends des leçons sur la vie et je me sens à ma place auprès des travailleurs de l’ESAT. J’ai connu des périodes de doute, de colère, de déni mais finalement, j’ai perdu un métier de passion pour en retrouver un autre. J’ai toujours mes douleurs au dos mais j’ai appris à les compenser. Malgré mon parcours un peu chaotique, j’ai su recoller les morceaux et le puzzle est loin d’être terminé.

Je marche 10 km par jour, je suis membre du jury de l’IRTS (centre de formation), j’encadre le détachement des travailleurs ESAT en entreprise et je me réjouis chaque jour d’aller travailler dans un environnement où je me sens à ma place.

DELPHINE MASSÉ

QVCT : les échauffements au travail, vous y avez déjà pensé ?

La qualité de vie et des conditions de travail se définit comme « les actions qui permettent de concilier l’amélioration des conditions de travail pour les salariés et la performance globale de l’entreprise » selon l’Anact. Equilibre vie professionnelle & vie privée, relations entre collègues et managers, organisation du travail, prévention et inclusion… Parmi les grandes thématiques qui composent la QVCT, la santé physique et mentale des collaborateurs est aujourd’hui au cœur de toute démarche de qualité de vie au travail. Les entreprises accordent aujourd’hui une place importante à la QVCT. Entretien avec Elsa Le Cacheur, responsable RH du Groupe SEB qui répond à nos questions autour de la QVCT et de son importance au sein du groupe.


Pouvez-vous nous présenter de manière succincte le groupe SEB ?


Le Groupe SEB est un groupe français et familial, leader mondial du petit électroménager. Nous sommes aujourd’hui 34 000 collaborateurs répartis sur plus de 40 sites industriels à travers le monde. Le Groupe possède aujourd’hui plus de 30 marques sur les marchés grands publics, premiums et professionnels. Ces évolutions permettent aujourd’hui à nos collaborateurs de grandir dans un contexte multiculturel, riche de rencontres et de partage. Le site de Saint-Lô est aujourd’hui le centre d’excellence électronique du Groupe, où sont développées et produites les cartes électroniques complexes à destination de nos usines européennes.

Quelle place accordez-vous à la QVCT ?


Le Groupe SEB attache une grande importance à la qualité de vie et aux conditions de travail de ses collaborateurs. Preuve étant qu’un accord national « QVCT » a été renouvelé l’année dernière pour trois ans. Ce dernier vise à promouvoir des bonnes pratiques locales, les démultiplier et les enrichir, afin que nos collaborateurs puissent être acteurs de leur cadre de vie. De même, des thèmes tels que l’aménagement des postes, le temps de convivialité ou bien l’adaptation du temps de travail en fin de carrière sont clairement encadrés.

Avez-vous des exemples d’actions impactantes mises en place au sein du Groupe SEB ?


Chaque année et dans le cadre de la semaine pour la qualité de vie et des conditions de travail, l’ensemble de nos sites français proposent des activités autour de la QVCT a ses collaborateurs. Sur St-Lô, à titre d’exemple, nous avions fait intervenir une sophrologue et sensibilisé nos collaborateurs à la nécessité des échauffements lors de la prise de poste. Par ailleurs nous proposons également à nos collaborateurs des temps d’échange type « petit déjeuner » où la Direction répond directement à leurs questions. D’autres initiatives sont en place et nous sommes toujours à la recherche d’actions pouvant répondre aux attentes de nos équipes.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les échauffements que vous proposez à vos collaborateurs avec Aptima RH ?


Nous avons fait le constat que les douleurs au poste de nos collaborateurs et les éventuels accidents enregistrés sur le site émanaient souvent d’un manque d’échauffement et d’étirement avant et pendant la prise de poste. J’ai donc sollicité Aptima RH pour nous accompagner dans une première étape de sensibilisation à travers des échauffements au travail. L’objectif de cet atelier étant de déployer un éveil musculaire afin de réduire les risques de blessures, de claquages, de faux mouvements ou encore d’erreurs d’inattention. Une action qui, je l’espère, pourra démontrer l’intérêt des gestes préventifs et se généraliser au fil des mois.

Séance d’échauffement au travail – Groupe SEB

DELPHINE MASSÉ

Franck, tourneur-fraiseur, « j’ai réussi ma reconversion, malgré mon handicap » 

« j’ai réussi ma reconversion, malgré mon handicap » 

Découvrez le portrait de Franck Caillot, tourneur fraiseur dans une entreprise de la Manche. Franck a choisi la voie de la reconversion après un accident du travail. Il nous raconte son parcours, son envie d’aller de l’avant et sa réussite grâce au soutien de son entourage et à l’accompagnement d’Aptima RH.

Racontez-nous votre parcours professionnel

J’ai commencé à travailler très jeune. J’ai débuté comme serveur en tant qu’apprenti, métier que j’ai exercé pendant 16 années. J’ai ensuite intégré le milieu industriel pendant 10 ans avant de rejoindre en 2003, une entreprise de décoration d’intérieur d’art en granit et marbre. J’aimais beaucoup mon métier même si l’environnement de travail comportait parfois des contraintes physiques. Mais sur le long terme, ces contraintes ont finalement eu un fort impact sur ma santé.

Quelles difficultés avez-vous rencontré sur votre poste de travail ?

Victime d’un accident de travail, j’ai dû faire face à d’importantes douleurs dorsales. Une souffrance qui a engendré de nombreuses rechutes par la suite. J’ai alors intégré l’école du dos mais la situation a eu raison de mon moral. Finalement, face à mon état de santé et à mes difficultés à reprendre le travail, j’ai été déclaré inapte après 1 an ½. Cette période a été très difficile pour moi. Après 14 ans d’investissement au sein de l’entreprise, j’ai dû accepter l’inaptitude à mon poste de travail.

Comment avez-vous vécu la situation ?

J’ai eu du mal à accepter la situation dans un premier temps. J’étais quelqu’un de vif, volontaire, toujours en action et je me suis soudainement senti incapable et inutile. Il n’est pas toujours facile d’accepter le regard des autres quand on est licencié pour inaptitude et qu’on ne l’a pas choisi. Mon entourage m’a beaucoup aidé à surmonter cette période.

Je me suis alors tourné vers le service insertion du Cap emploi en 2019. J’ai beaucoup apprécié l’accueil et la réactivité des équipes car, à ce moment-là, j’avais besoin de conseils et d’un accompagnement spécifique à ma situation pour la suite de mon parcours.

Parlez-nous de votre reconversion professionnelle 

Après plusieurs échanges avec mon conseiller, j’ai donc été orienté vers la formation afin d’envisager une éventuelle reconversion professionnelle. J’ai d’abord effectué une remise à niveau, j’ai appris à construire un CV, à présenter mon parcours professionnel.

A l’issue de cette formation, j’ai réalisé des périodes de mise en situation dans trois entreprises différentes de la Manche. Un premier stage d’immersion en soudure, puis un stage en mécanique de précision et un autre en coutellerie d’art. Ces stages se sont avérés très positifs puisque chaque établissement voulait me proposer un contrat. J’ai finalement choisi d’être tourneur fraiseur, un poste polyvalent et adapté à mes besoins au quotidien.

Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je suis épanoui dans mon métier. Je travaille dans une entreprise familiale, spécialisée dans la mécanique de précision et au sein d’une équipe bienveillante. Je suis sur un poste polyvalent, ce qui me permet de continuer à monter en compétences et surtout de ne pas rester statique à mon poste de travail.

J’ai eu des passages à vide après mon licenciement. Mais parfois on rencontre les bonnes personnes au bon moment. Le Cap emploi, service d’Aptima RH, a su être réactif et à l’écoute de mon besoin urgent à me reconvertir pour continuer à m’épanouir professionnellement. Au même moment, je me suis lancé dans l’animation de loto et aujourd’hui, j’exerce les 2 activités avec plaisir et passion. Finalement lorsqu’on veut réussir, le handicap n’est pas forcément un frein, il peut parfois être un accélérateur pour une nouvelle voie.

DELPHINE MASSÉ

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