5 conseils pour optimiser sa gestion du temps et des priorités
Avoir une bonne gestion du temps et des priorités

Qui n’est pas confronté aux aléas de la gestion du temps de travail… Des mails qui s’accumulent, un téléphone qui n’arrête pas de sonner, des demandes qui arrivent dans tous les sens, des dossiers à traiter pour hier. Et bien évidemment, l’imprévu à prendre en compte. Outre la charge de travail, une mauvaise gestion du temps et des priorités peut aussi engendrer des difficultés, voire provoquer des effets néfastes comme du stress, de la tension, des erreurs, jusqu’à l’épuisement parfois. Comment gérer pour gagner en efficacité ?

La mise en œuvre d’une stratégie de gestion du temps et des priorités demande de l’énergie, mais sur le long terme, cela permet d’être plus performant et surtout, plus productif. Pourquoi ne pas se faire accompagner pour acquérir de nouveaux outils ? Quelques conseils …

1. Prioriser : définir des objectifs pour plus d’efficacité

Prioriser ça s’apprend ! Et pour ne pas se laisser distraire, organiser une liste de tâches et les hiérarchiser sont des actions simples mais essentielles pour être plus efficace. Une to do list peut être la bienvenue. Il faut savoir identifier les tâches les plus importantes et les réaliser en premier ce qui laisse plus de temps pour le non urgent donc moins de stress.

Il est important de se fixer des objectifs réalisables et savoir discerner les tâches essentielles et urgentes par rapport aux autres. « Important et urgent / Important, mais peu urgent / Urgent mais peu important, … ». Pour avoir du résultat, il faut des objectifs clairs et précis, qu’ils soient à court, moyen ou long terme. Ces objectifs permettent d’une part de guider l’activité et d’autre part, de gagner en performance.

2. Etablir un planning et s’y tenir

S’organiser, planifier ses tâches, structurer son travail, permet d’éviter la perte de temps. Il est crucial de savoir organiser son emploi du temps et de s’y tenir sans se laisser distraire.

Bien gérer son temps c’est aussi vaincre la procrastination. Il faut arrêter de tout remettre à plus tard ! C’est non seulement source de démotivation mais aussi d’anxiété car on s’impose une charge mentale supplémentaire : le stress de ce qui n’est pas fait.

Autre point essentiel : se fixer des deadlines, une date limite pour la réalisation des tâches.

3. Réaliser une tâche à la fois

Certains pensent être plus efficaces au travail parce qu’ils sont capables de gérer plusieurs choses en même temps. Pourtant, nous sommes bien plus efficaces lorsqu’on réalise les tâches les unes après les autres. Plus attentifs sur les sujets, mieux concentrés sur les dossiers, plus de vigilance dans le traitement des demandes.

Vouloir répondre à tous est la meilleure manière de se disperser et de commettre une erreur. Le multitâche, pourquoi pas, mais attention de le faire en restant méthodique et bien organisé.   

4. Apprendre à dire non

Savoir dire « non » à des collègues, à un responsable, à sa direction… Ce n’est pas si simple ! Pourquoi ? Par crainte de décevoir, de déplaire ou de ne pas être à la hauteur.

Pourtant, l’emploi du temps n’est pas infini ! Dire non, c’est aussi se connaitre, s’affirmer, avoir confiance en soi, maitriser son activité et faire des choix. Un « non » légitime peut tout à fait être entendu à partir du moment où il est exprimé calmement. Il s’agit d’expliquer à l’autre les raisons qui vous motivent à dire non pour que le refus soit compris et accepté.

5. Prendre du recul et s’autoriser des temps de relâchement

Au cours d’une journée, il est facile de se laisser dépasser par la charge de travail qui s’accumule. A quel moment lâcher prise ? Comment éviter le surmenage ?

Pour prévenir l’épuisement professionnel, il ne faut pas hésiter à prendre de la distance vis-à-vis de son travail ! Prendre l’air, s’accorder des temps de pause, des temps d’échanges avec les collègues. Les bénéfices n’en seront que multiples : moins de stress, moins d’anxiété, une meilleure organisation, une concentration optimale, plus d’engagement, plus de performance… et surtout, un sentiment de bien-être qui permet de garder du sens dans son travail.

Reste à percevoir les signes au bon moment pour s’autoriser à prendre du recul sans culpabiliser.

Bien gérer son temps et définir ses priorités, c’est prendre soin de soi et améliorer son bien-être au travail.

Des experts peuvent accompagner les salariés dans la mise en place d’actions de formation visant à développer des compétences, tant en matière d’organisation qu’en gestion du temps, pour améliorer l’efficacité et la productivité.

Flavien, équipier polyvalent “J’ai repris confiance en moi “

Flavien était un jeune étudiant de 18 ans qui travaillait comme saisonnier dans un supermarché à Portbail. Mais le 19 août 2012, il est victime d’un grave accident de la route et tombe dans un profond coma. A son réveil, Flavien réalise alors que rien ne sera plus jamais comme avant. Aujourd’hui, après un long cheminement pour apprendre à vivre avec son handicap, Flavien a retrouvé l’envie de rire et le plaisir de partager et communiquer avec ceux qui l’entourent.

Parlez nous de vous, quelle est votre histoire ?

Au cours de l’été 2012, j’étais étudiant en BTS Banque à Granville. A la fin de ma 1ère année d’étude, je travaillais comme saisonnier dans un supermarché à Portbail. Mais le 19 août, j’ai été victime d’un grave accident de la route qui a changé ma vie.
Je suis tombé dans un profond coma et à mon réveil, 6 semaines après l’accident, j’ai rapidement réalisé que rien ne serait plus jamais comme avant. Le traumatisme crânien a engendré des troubles physiques et cognitifs important. Douleurs intenses, altération des fonctions cognitives, troubles du langage & de la mémoire, diminution motrice, perte d’autonomie.

J’ai alors entamé un long périple de rééducation à la fois physique et psychologique. Il m’a fallu beaucoup de temps pour me reconstruire et pour reprendre confiance en moi car j’étais dans le déni et submergé par la colère, envers les autres et surtout envers moi-même.

A quel moment avez-vous accepté votre handicap ?

Après l’accident, le plus dur pour moi a été d’accepter mon handicap et de prendre conscience que j’allais devoir apprendre à vivre avec. J’ai tenté une reprise d’étude malgré des avis contraires, qui s’est avéré être un échec. Je pense que j’avais besoin de me rendre compte par moi-même que les études n’étaient plus possibles pour moi.

Sans diplôme et sans expérience, j’ai alors perdu confiance en moi et me suis renfermé à nouveau. Comment croire en cette 2ème chance ? Comment réussir à trouver un emploi à mi-temps quand on est jeune, qu’on a des restrictions et qu’on n’a aucun bagage. Je postulais mais ça n’aboutissait pas. J’ai alors connu des périodes très difficiles.

Heureusement, j’étais entouré de ma famille, de mes amis et des professionnels de santé qui m’ont soutenu et aidé à mettre en place des moyens de compensation pour pallier mes difficultés et mes troubles cognitifs. Ils ont été pour moi un soutien important et une aide considérable pour me relever et aller de l’avant.

Puis en 2021, 9 ans après mon accident, je suis rentré en contact avec le Cap Emploi. Je me suis alors senti compris au regard de mon handicap. Ils m’ont orienté vers le Mac Do et m’ont positionné sur un poste d’équipier polyvalent avec une sensibilisation de l’entreprise. J’ai alors rencontré la DRH qui m’a donné ma chance.

Comment s’est passée votre intégration ?

Dès mon arrivée, le manager et les équipes m’ont accompagné dans la prise de poste. Ils m’ont aidé dans la mise en place de solutions pour compenser mes troubles cognitifs et mes pertes de mémoire. J’ai parfois paniqué, de crainte d’oublier mes tâches et les procédures. Ils m’ont alors fourni des fiches pratiques pour assimiler la composition des sandwitchs et les procédures d’hygiène et pour m’aider au quotidien.

Ce fut une réussite car je me suis bien intégré à l’équipe et j’ai finalement réussi à prendre des automatismes dans mon travail.

Comment vous sentez vous aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je suis équipier polyvalent en CDI & à mi-temps au Mac Do et je me sens épanoui chaque jour. Un sentiment que je n’avais plus ressenti depuis mon accident, il y a 10 ans. Je suis vraiment passé par différentes étapes. La colère, le déni, la peur de l’avenir, la baisse de motivation, le sentiment d’être seul, incompris et plus capable de rien. Mais cette rencontre avec le Cap Emploi m’a ouvert une nouvelle porte vers le monde du travail et m’a vraiment permis de reprendre confiance en moi et surtout, d’apprendre à avancer avec mon handicap.

DELPHINE MASSÉ

Epuisement professionnel : comment prévenir le burn out ?

Le burn-out, également appelé syndrome d’épuisement professionnel, est un trouble psychique lié à l’activité professionnelle. Cela commence par une charge de travail qui s’intensifie, un stress qui augmente et une fatigue qui s’accroit pour finalement ressentir un profond mal-être au travail. Le burn out peut toucher n’importe qui, quel que soit son secteur d’activité ou son niveau hiérarchique. Alors comment prévenir le burn out ? Quels sont les signes et comment les détecter ? Les psychologues d’Aptima vous donnent les clés pour réduire l’épuisement professionnel et limiter les situations de burn out en entreprise.

Qu’est-ce que le burn out ?

La notion de burn out provient de “to burn-out” qui signifie s’éteindre, se consumer, s’épuiser ou encore s’arrêter en raison d’une demande excessive d’énergie et un manque de ressources.

La Haute Autorité de Santé définit le burn out comme « un état d’épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel ».

Ce syndrome est le résultat d’un stress chronique dans le cadre du travail qui se développe progressivement dans le temps. Les personnes exposées sont surchargées, surmenées et épuisées à vouloir répondre à toutes les demandes et sollicitations avec un sentiment de ne jamais avoir accompli son travail. Elles travaillent sans relâche pour retrouver une satisfaction professionnelle et une reconnaissance qui les conduit souvent à la perte de sens au travail et à l’épuisement professionnel.

Quels sont les signes du burn out et comment les détecter ?

Toute personne peut être confrontée à des périodes de stress ce qui peut parfois être bénéfique sur le travail et la productivité. En revanche, lorsque ce stress se prolonge, cela peut générer un état d’épuisement physique et moral qui peut conduire au burn out. Il est important de repérer ainsi les premiers signes d’épuisement professionnel afin d’en limiter les conséquences.

Ces signes peuvent se manifester de manière très différente d’une personne à l’autre. Les symptômes peuvent être physiques, émotionnels, comportementaux ou encore motivationnels et varier selon la personnalité de chacun (perfectionniste, avec une ambition professionnelle importante ou un manque de confiance en soi, etc).

Des symptômes physiques : 

  • Une fatigue permanente,  
  • Des maux de dos ou de ventre,
  • Des insomnies, 
  • Des migraines, des vertiges,
  • Des problèmes de peau
  • Une perte d’appétit… etc.  

Des symptômes psychiques :

  • Des troubles de l’humeur : anxiété, irritabilité, agressivité  
  • Un manque d’enthousiasme au travail,   
  • De l’isolement, 
  • Des difficultés de concentration, des pertes de mémoire,
  • Un sentiment d’être dépassé/débordé par les demandes, 
  • De la démotivation
  • De la frustration
  • Un sentiment d’échec.

Des troubles du comportement alimentaire peuvent parfois apparaitre, voire des conduites addictives (tabac, alcool, drogue, médicament).

Lorsque l’épuisement persiste et lorsque la personne n’a plus de ressources ou n’arrive plus à faire face, cela peut aussi déclencher une dépression qui va alors aggraver la situation de burn-out. Nos conseils pour prévenir le burn out.

Quelles sont les mesures de prévention ?  

La lutte contre le burn-out en entreprise nécessite de travailler en amont sur l’organisation du travail et des contraintes qu’elle peut générer en termes de surcharge pour les salariés. En effet, il est important de mettre en place des actions de prévention pour limiter la survenue de l’épuisement professionnel.

Voici donc quelques mesures de prévention collective proposées par l’INRS, Organisme généraliste en santé et sécurité au travail (2018) :

  • Veiller à ne pas charger certains postes ou salariés et ajuster la charge de travail selon les ressources disponibles
  • Eviter l’isolement et préconiser le soutien entre collègues/équipes 
    • « Mise en place de groupes d’échanges sur les pratiques professionnelles »,
    • « Renforcement du travail en équipe »
    • ” Donner aux employés la possibilité d’être entendus”
  • Savoir reconnaitre le travail accompli et le dire
  • Vigilance sur l’équité de traitement entre les salariés
  • Encourager le partage de bonnes pratiques et les manières de faire pour atteindre les objectifs afin d’éviter les conflits sur la qualité du travail

5 conseils à retenir pour favoriser le bien-être au travail

Selon une étude réalisée par Opinion way pour Empreinte humaine en mars 2022, 34 % des salariés français seraient en burn-out dont 2.5 millions en état de burn-out sévère (soit 13%). Voici alors quelques conseils clés à mettre en œuvre pour soi afin de se libérer de cette spirale d’épuisement professionnel néfaste pour la santé. A chacun d’y être attentif et d’adopter le bon comportement pour prévenir le burn out.

Conseil n°1 : se fixer des limites avec des horaires de travail raisonnables et une déconnexion totale hors des temps de travail (laisser son téléphone professionnel au bureau le weekend par exemple).
Conseil n°2 : favoriser un bon équilibre vie pro et vie perso
Conseil n°3 : prendre suffisamment de recul sur son travail. Autoriser et accepter que tout ne peut être parfait !
Conseil n°4 : demander de l’aide auprès d’une tiers personne (médecin du travail, psychologue).
Conseil n°5 : prendre du temps pour soi, s’éloigner quelques temps pour se reposer et prendre du recul sur sa vie professionnelle.

Vous avez besoin de conseils ou d’un accompagnement de la part des psychologues d’Aptima RH ?

Les exosquelettes : opportunités et idées reçues

Un exosquelette est un dispositif articulé de soutien à l’effort qui permet d’assister les mouvements de l’homme dans son activité pour préserver sa santé et améliorer ses conditions de travail. L’usage des exosquelettes suscite de nombreuses questions relatives à la santé et la sécurité des utilisateurs, liées à un manque de connaissances sur le sujet.

Retrouvez dans cet article ce qu’il faut savoir sur les exosquelettes, ce qu’ils sont et ce qu’ils ne sont pas, ainsi que les conseils de Jean Leblond, conseiller en matériel ergonomique et aménagement de poste chez Ergosanté, créateurs de solutions ergonomiques et fabricant d’exosquelettes en France.

L’exosquelette, concrètement, c’est quoi ?

Un exosquelette est un dispositif d’assistance physique porté dans le but de réduire les efforts excessifs et d’améliorer ou de renforcer la posture de l’Homme afin de préserver sa santé.

L’exosquelette permet, selon les contraintes du poste et l’environnement de travail, de :

  • limiter l’impact des postures contraignants,
  • réduire la charge biomécanique sur les articulations, les muscles et les tissus mous de l’utilisateur,
  • limiter les risques de troubles musculo-squelettiques (TMS),
  • diminuer la fatigue et la charge mentale de l’utilisateur,
  • réduite le stress musculaire dans les régions du corps les plus fréquemment touchées.  

A long terme, l’impact d’un tel équipement permet de préserver la santé physique et mentale des personnes. Cela favorise ainsi une meilleure qualité de vie au travail.

Exosquelettes passifs ou actifs : quelle différence ?

Il existe différentes typologies d’exosquelettes qui répondent à une demande spécifique en amont.

Les exosquelettes dits « passifs » ou non-motorisés. Ce sont les plus fréquents. Ils sont utilisés pour préserver l’utilisateur et le soulager au niveau des lombaires, des cervicales et des épaules. Ils sont entièrement biomécaniques, plus flexibles, moins encombrants, moins lourds et moins onéreux.

Les exosquelettes dits « actifs » ou motorisés. Ils permettent d’aider à soulever des objets lourds tout en réduisant le risque de blessures musculosquelettiques. Ils nécessitent une batterie et sont donc plus lourds à porter pour l’usager.

Chez Ergosanté, 4 gammes d’exosquelettes sont proposées :

  • 2 pour les membres inférieurs : le HAPO qui soulage les douleurs lombaires et qui peut se porter toute la journée (ex pour l’ostréiculteur). Le HAPO SD qui facilite la relève lorsqu’on réalise une flexion (ex pour le carreleur).
  • 2 pour les membres supérieurs : le HAPO Front dédié aux activités répétitives à hauteur du cœur. Il soulage les douleurs au niveau du coude et des épaules (ex pour l’agriculteur en salle de traite). Le HAPO UP dédié aux activités avec les bras au-dessus de la tête (ex le mécanicien sous châssis). Il soulage les douleurs au niveau des bras et des épaules.

Ce que les exosquelettes ne sont pas …

  • Un dispositif qui permet de décupler la force d’une personne > Il permet de limiter l’effort physique et non d’augmenter la force. 
  • Un remède miracle qui élimine les risques au travail > Il permet d’améliorer la sécurité des travailleurs et la santé, à condition de l’utiliser sur un poste adapté à sa fonctionnalité.
  • Un appareil adapté à tous les postes physiques > Il est important de savoir à quelle tâche spécifique il répond et quels sont les besoins d’assistance physique de l’opérateur. 
  • La seule solution pour répondre à tous les problèmes de Troubles Musculo squelettiques (TMS).
  • Un dispositif facile et rapide à mettre en place > Il y a plusieurs étapes, il est indispensable d’englober l’exosquelette dans une analyse des risques du poste de travail.

Les points de vigilance

Certes, les exosquelettes permettent de réduire les efforts excessifs dans certaines tâches. Cependant, ils ne sont pas LA solution systématique pour prévenir les troubles musculo-squelettiques (TMS). Plusieurs facteurs sont à prendre en compte : le poste de travail, les tâches réalisées et leur fréquence, l’analyse des déterminants de l’activité de travail et l’environnement de travail. Toute entreprise doit procéder à une étude du poste avec un professionnel. Ensuite, elle doit réaliser une analyse approfondie de la situation réelle de travail afin de définir précisément les besoins. Dans certaines situations, une fois les tests réalisés, un aménagement de poste peut suffire.  

De même, on pense parfois que les exosquelettes vont augmenter la productivité d’un salarié. Mais l’objectif reste bien de le soulager et lui permettre de moins se fatiguer au cours de la journée. Autre vigilance, le temps d’adaptation peut être long. Il faut donc s’armer de patience pour avoir un avis objectif et claire. « Il faut compter deux semaines d’appropriation » précise Jean d’Ergosanté. Sans oublier que l’exosquelette peut aussi générer des courbatures au départ car on sollicite de nouveaux muscles et des nouvelles postures.

Le temps de formation est alors essentiel pour optimiser l’utilisation d’un tel dispositif. Toute entreprise qui s’engagerait dans la mise en place d’un exosquelette sans accompagnement et sans observation du poste en amont, risquerait de décaler le problème en provoquant d’autres douleurs à la personne, car non approprié au poste en question.

Il reste encore des actions à mener en termes de sensibilisation et de prévention mais les exosquelettes représentent pour certains métiers, une solution adéquate pour améliorer les situations de travail. A condition de prendre en compte tous les impacts sur la santé des travailleurs et de se faire accompagner tout au long de la mise en place par des professionnels.

Chez Ergosanté, les conseillers, ergonomes de formation, se déplacent pour observer les postes et travaillent en étroite collaboration avec les partenaires de santé et les Cap emploi pour la mise en place de solutions.

DELPHINE MASSÉ

Fahd Darik, Responsable du service maintien en emploi et référent formation

Fort d’une double formation à la fois juridique et RH, Fahd Darik a débuté sa carrière au sein de l’association en 2011, en tant que chargé de mission maintien. Issu d’un parcours généraliste dans les RH, il s’est rapidement orienté vers le recrutement puis la formation. Aujourd’hui, Fahd est responsable du service maintien en emploi, du pôle accueil et référent formation de l’association Aptima RH.

Fahd Darik Formateur Aptima RH


Fahd, comment s’est passée ton arrivée au sein de l’association ?

J’ai intégré Aptima RH (Handicap et Emploi) en 2011 en tant que chargé de mission maintien. A mon arrivée, mes connaissances sur le handicap se limitaient à l’obligation d’emploi et la contribution Agefiph. Or, le champ du handicap est un vaste sujet et grâce à de nombreuses formations internes, des retours d’expériences et des formations certifiantes, c’est un sujet que je maîtrise aujourd’hui.

Ce qui a retenu mon attention lors de mon arrivée dans l’association, c’est cette volonté d’apporter des conseils et un accompagnement de proximité aux entreprises, aux partenaires et aux salariés dans un but précis :  favoriser l’émergence et la mise en place de solutions pour permettre le maintien en emploi et/ou la reconversion professionnelle de personnes confrontées à des difficultés de santé.

Quelles sont tes missions au sein d’Aptima RH° ?

J’occupe le poste de responsable de service maintien CEP, du pôle accueil et référent formation. Je gère également le volet partenarial avec des réunions institutionnelles au niveau départemental et régional. Mais je reste aussi très présent sur le terrain puisque je suis formateur externe et je continue d’accompagner des salariés et des entreprises pour des situations qui relèvent du maintien en emploi.

Je suis également référent handicap auprès des entreprises de + 200 salariés sur tout le territoire de la Manche. Au-delà de l’accompagnement les salariés en situation de handicap, je mène aussi des actions de sensibilisation au handicap et j’informe les entreprises sur les dispositifs de prévention à la désinsertion professionnelle.

Après 11 années, j’ai toujours autant de plaisir et de motivation à exercer mon métier grâce aux retours positifs des personnes que nous accompagnons et qui nous accordent leur confiance.

Avec qui travailles-tu au quotidien ?  

Je suis régulièrement sollicité par différents interlocuteurs : les services de santé au travail qui sont nos principaux partenaires, les entreprises ou la CARSAT via les assistants sociaux ou encore la MDA, Maison Départementale de l’autonomie. Notre équipe maintien peut aussi être mobilisée par un salarié en arrêt, inquiet de son avenir professionnel ou par un médecin du travail, qui a identifié un risque d’inaptitude, nécessitant ainsi l’adaptation du poste ou la recherche de possibilités de reclassement.

Nous intervenons sur des situations de maintien au travers de la formation ou des adaptations techniques mais également pour du conseil en évolution professionnelle dans le cadre d’un reclassement interne ou externe. Nous répondons aussi aux demandes d’informations faites par les entreprises et les salariés, concernant les droits et les aides mobilisables avec cofinancement.

Il ne faut pas hésiter à nous solliciter, nul besoin d’attendre ou de relever du statut de bénéficiaire de l’obligation d’emploi pour être accompagné. Nous apportons notre aide à toutes les personnes pour la constitution du dossier.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton métier ?

Cette notion de « prestation de service » c’est-à-dire l’accompagnement de personnes que l’on voit évoluer au fil du parcours pour un retour à l’emploi et une reconversion professionnelle. Mais surtout, cette confiance que nous témoignent les entreprises, les bénéficiaires et les partenaires qui nous sollicitent et qui orientent des personnes vers notre service.

Quel est le meilleur moment vécu au sein de l’association ?

Le témoignage d’une salariée que j’ai accompagné et qui était prête à abandonner son poste en raison de ses difficultés de santé. Elle nous a fait confiance et nous l’avons aidée à trouver des solutions adaptées pour compenser son handicap. Non seulement, elle a continué à exercer son métier mais elle a repris confiance en elle pour finalement s’engager dans un projet qui lui tenait à cœur, s’installer à son compte. 

Dans notre métier, il faut savoir rester à l’écoute des personnes, leur permettre d’être acteurs/actrices de leurs démarches pour trouver la solution qui leur convient et de mobiliser les moyens dont on dispose pour favoriser l’émergence de solutions adaptées à chaque situation.

Quel conseil donnerais-tu a quelqu’un qui veut rejoindre l’asso ?

 Postulez !!! Nos missions sont diversifiées, évolutives et impliquent une grande polyvalence.

3 mots qui te définissent

Réactif, curieux et à l’écoute !

DELPHINE MASSÉ

Témoignage d’une reconversion professionnelle réussie

Florence était assistante commerciale avant son accident de la route en 2019. Elle pensait pouvoir reprendre son poste comme si rien n’avait changé mais s’est peu à peu rendu compte des effets causés par le choc émotionnel et le traumatisme de l’accident. Une situation difficile pour Florence car les séquelles étaient présentes au quotidien, mais invisibles de tous. Elle nous raconte son parcours depuis l’accident. Un chemin semé d’embûches où elle a dû s’armer de patience pour s’en sortir. Aujourd’hui, Florence a finalement choisi la voie de la reconversion au sein d’une micro-crèche à Granville « Les Jeunes Pousses ».

Témoignage d’une reconversion réussie avec Florence Hennah Fribault, Assistante pro bilingue et Sonia Benard, Directrice des 2 micro-crèches de Granville.

RENCONTRE AVEC FLORENCE HENNAH FRIBAULT

Parlez-nous de votre parcours avant votre reconversion

Je suis titulaire d’un BTS technico-commercial. J’ai exercé pendant 6 ans dans le domaine commercial et en 2008, je me suis orientée vers un BTS A en production horticole. J’ai exercé plusieurs métiers avant d’être embauchée comme assistante commerciale dans un établissement de vente de végétaux. En 2019, j’ai été victime d’un grave accident de la route avec traumatisme crânien. Accident, qui, au-delà des douleurs liées au choc, n’a pas eu de graves conséquences. Du moins c’est ce que je pensais à ce moment-là. J’ai donc repris le travail 15 jours après mon accident.

■ Cet accident a-t-il changé votre vie ? Comment l’avez-vous vécu ?

Je suis longtemps restée dans le déni après cet accident. J’étais vivante et selon moi, tout allait reprendre comme avant. Pourtant, au bout de 6 mois, j’ai commencé à ressentir des difficultés au travail et dans ma vie personnelle. Je n’arrivais plus à gérer le rythme, je n’arrivais plus à gérer mon poste, je rencontrais des difficultés à me concentrer, à mémoriser et je me sentais sans cesse fatiguée et fragile émotionnellement.

J’ai alors été arrêtée 2 mois, avec ensuite une reprise en mi-temps thérapeutique puis le Covid est arrivé, le chômage partiel, … et ce fut alors la dégringolade vers la dépression. Quand on subit les effets d’un traumatisme « invisible », ce n’est pas simple d’en parler car on n’a pas les mots sur ce qu’on ressent au quotidien. Et quand on en parle, on se sent incompris. De nouveau en arrêt, j’ai alors rencontré le médecin du travail qui m’a fait passer des tests qui ont finalement bien confirmé les troubles neuropsychologiques et le mal être que je ressentais.

■ A quel moment avez-vous rencontré les professionnels du Cap emploi & Aptima RH ?

Pendant mon arrêt, j’étais suivie par une assistante sociale de la CARSAT qui m’a orientée vers Aptima RH. Je voulais réaliser un bilan de compétences car je ne me sentais plus à ma place dans mon travail. J’ai alors rencontré une professionnelle du service maintien et transition professionnelle du Cap emploi auprès de qui j’ai émis le besoin d’être aidée et accompagnée au niveau professionnel.

Elle m’a alors orienté vers la psychologue du travail d’Aptima RH avec qui j’ai réalisé une PAS- cognitive – Prestation d’Appui Spécifique, en vue de définir un nouveau projet professionnel compatible avec mes difficultés de santé. Un bilan de compétences classique aurait été trop intense pour moi. A ce moment-là, je me suis sentie écoutée, guidée sans jugement, sans préjugés et surtout accompagnée à un rythme en adéquation avec mes capacités physiques et cognitives.

■ A quel moment êtes-vous rentrée en contact avec Les Jeunes Pousses ?

Quand j’ai commencé à reprendre confiance en moi. J’ai d’abord réalisé une enquête métier, puis une immersion dans la petite enfance avec le Duoday. C’est un environnement dans lequel je me suis tout de suite sentie bien. J’ai ensuite rencontré la directrice de la micro-crèche « Les jeunes pousses », établissement bilingue et écoresponsable, qui a été attentive à mon parcours et m’a donné ma chance. Avec Cap emploi, nous avons d’abord mobilisé un essai encadré, ce qui a permis de confirmer ma capacité à réintégrer le milieu professionnel et de découvrir le métier d’agent de crèche et intervenante bilingue. C’est à ce moment là que j’ai vu naitre mon nouveau projet professionnel « devenir intervenante en anglais dans une crèche ».

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je travaille avec “Les Jeunes Pousses” en tant que professionnelle bilingue. J’accueille les enfants et je réalise des animations en anglais au sein de la crèche et mes horaires sont adaptés à mes capacités. Je me sens à l’aise dans ce nouveau métier car les enfants ne sont pas juges de mes erreurs. Cette reconversion, je ne l’aurai jamais imaginée possible après mon accident. Je prends un réel plaisir à venir au travail. La directrice, Mme Benard, et mes collègues sont à l’écoute et bienveillants. Je me sens reconnue dans ce métier et « ça n’a pas de prix ».

■ Que conseilleriez vous aux personnes dans la même situation ?

Ce fut un long parcours avec des étapes difficiles qui demandent beaucoup de patience et de résilience. Malgré tout, si j’ai un conseil à donner, c’est de prendre contact avec les professionnels du Cap emploi et de leur faire confiance. Ils travaillent conjointement avec les partenaires et les services de santé pour nous guider au mieux dans nos démarches.

Je me suis beaucoup battue mais j’ai toujours trouvé une personne qui me tendait la main pour rebondir. Il n’y a pas “un” mais “plusieurs” chemins avec différents obstacles… A chacun de trouver sa voie et la force de passer les obstacles pour aller de l’avant. Lorsque je regarde en arrière et que je fais le constat de toutes les étapes passées pour en arriver où je suis aujourd’hui, je suis assez fière de moi et remercie les professionnels rencontrés tout au long de ce parcours.

RENCONTRE AVEC LA DIRECTRICE, SONIA BENARD

■ Parlez-nous de votre rencontre avec Mme Hennah Fribault ?

Lorsque j’ai rencontré Mme Fribault, elle était en arrêt de travail et elle voulait découvrir les métiers de la petite enfance via une enquête métier. Ça a été une très belle rencontre dès le départ. On sentait qu’elle était perdue professionnellement et qu’elle avait une réelle envie d’aller au bout de son projet. Il est vite venu l’idée de réaliser des stages au sein de la crèche pour l’accompagner dans sa reconversion.

■ Quels dispositifs ont été mis en place pour favoriser l’immersion de Mme Fribault ?

Nous avons commencé par un essai encadré en lien avec la CPAM pour lui permettre de tester un nouveau poste de travail. Nous avons été très transparentes l’une envers l’autre et avons convenu que la puériculture n’était pas en adéquation avec ses capacités. En lien avec le Cap emploi, nous avons alors réfléchi ensemble à un autre projet, Florence étant bilingue.

Nous avons donc mis en place un PRESIJ (Prestation d’accompagnement de mise en situation professionnelle de salariés en indemnités journalières) toujours avec l’accord de la CPAM. Florence a su faire confiance au Cap emploi et grâce à ce dispositif, elle a pu aller au bout dans la construction de son projet de reconversion.

■ Qu’en est-il aujourd’hui ?

Nous avons décidé d’embaucher Florence sur une période de CDD de 4 mois dans un premier temps. Décision mutuelle en adéquation avec ses attentes. Nous lui avons proposé les mêmes conditions testées lors du PRESIJ, soit un contrat de 14h/semaine. La collaboration et les échanges avec le Cap emploi lors des bilans nous ont permis d’accueillir Florence dans les meilleures conditions possibles.

Nous ne connaissions pas les dispositifs existants pour les personnes en arrêt et sommes ravies d’avoir permis à Florence de retrouver un épanouissement professionnel dans le cadre de sa reconversion. Aujourd’hui Florence est complétement intégrée à l’équipe et nous envisageons de nouveaux projets

Les Jeunes Pousses

DELPHINE MASSÉ

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